PROBLEMES DANS LES ECOLES


Ces dernières années, il est devenu évident que les établissements scolaires connaissent un certain nombre de problèmes, que ce soit des problèmes d'ordre financier, un malaise dans le corps enseignant ou des problèmes assez inquiétants comme la violence dans nos collèges ou nos lycées qui fait, de temps en temps, la une des journaux.

1). UN MANQUE D'ARGENT

Les écoles en Grande-Bretagne, en particulier les écoles publiques, souffrent d'un manque de fonds. Ce sont aujourd'hui les établissements scolaires qui gèrent leur propre budget, mais la somme qui leur est allouée indirectement par le Ministère de L'Education n'est souvent pas suffisante pour gérer leur établissement.

Ce manque d'argent peut mener à ....

- une suppression de postes d'enseignants puisque c'est, bien sûr, la manière la plus facile de faire des économies. Ce sont souvent les personnes qui ont des emplois à temps partiel (à mi-temps) qui sont les premières à être touchées ainsi que les enseignants qui sont proches de la retraite. Ces enseignants qui coûtent cher à être employés puisqu'ils ont beaucoup d'années d'ancienneté derrière eux, sont encouragés à partir en pré-retraite. Par simple mesure d'économie, beaucoup d'écoles ont maintenant cessé d'employer des assistants de langues vivantes.

- une dégradation des bâtiments scolaires. Certains établissements scolaires sont vétustes (en mauvais état) et ont besoin d'être rénovés. Le chauffage central, dans certaines écoles, marche très mal, des salles de classe ont besoin d'être repeintes et lorsqu'un lycée ou un collège a besoin de salles supplémentaires, comme ils n'ont pas les moyens de faire construire des bâtiments neufs, ils utilisent des salles préfabriquées.

- un manque d'équipement. Dans certains établissements, les laboratoires de science ne sont pas suffisamment équipés, les profs d'informatique ont, dans leurs salles, des modèles d'ordinateur qui sont dépassés mais qu'ils n'ont pas les moyens de remplacer. Dans la section de langues vivantes, il est rare que toutes les salles de langues soient dotées d'une télévision, d'un magnétoscope ou d'un rétroprojecteur.

- un manque de manuels scolaires. Il est assez fréquent de demander aux élèves de partager des livres scolaires, simplement parce qu'une section, que ce soit une section de maths, d'histoire ... ne peut pas se permettre d'acheter un livre pour chaque collégien ou chaque lycéen. De plus, les manuels scolaires ne sont pas renouvelés très souvent, même lorsqu'il y a de meilleurs livres sur le marché, parce que le coût d'une telle chose est très élevé.

Aujourd'hui, tout n'est plus fourni par l'école. En effet, il devient de plus en plus fréquent de demander aux élèves d'acheter certaines de leurs fournitures scolaires comme les classeurs... et même d'autres choses dont ils ont besoin pour leurs cours, telles qu'une calculatrice pour les maths, un dictionnaire pour les langues etc ...

Comme il y a de moins en moins de subventions de la part du gouvernement, beaucoup d'écoles dépendent de plus en plus des contributions bénévoles des parents.
Par exemple, pour pouvoir acheter un mini-bus, des écoles organisent des marches sponsorisées où ils demandent aux parents de contribuer financièrement. Tout cela est assez injuste parce que, si dans une école, la majorité des élèves sont issus de la classe ouvrière, leurs parents ne pourront pas autant aider que ceux qui viennent de la classe moyenne. Dans les grandes villes, par exemple, il y a certaines écoles qui ont beaucoup moins d'équipement que d'autres à cause de cela.

2. UN MALAISE DANS LE CORPS ENSEIGNANT

Il y a quelques années, les enseignants ont fait grève pour essayer d'avoir un meilleur salaire et de meilleures conditions de travail. Beaucoup d'entre eux pensaient qu'ils étaient mal payés pour le travail qu'ils faisaient. Aujourd'hui, on peut dire que la préoccupation primordiale des enseignants n'est plus une amélioration du salaire mais plutôt une amélioration des conditions de travail.

En effet, beaucoup de professeurs et d'instituteurs se sentent constamment sous pression. En raison des inspections que tout établisssement scolaire doit subir tous les cinq ans, les enseignants ont beaucoup plus de paperasserie à remplir que par le passé. De plus, les programmes ont beaucoup changé ces dernières années et les heures de préparation de cours sont devenues plus longues pour les professeurs.

De plus, ils ne se sentent plus respectés comme ils l'étaient dans le passé. Ils sont très souvent critiqués ou attaqués par les médias et ils se sentent peu appréciés par la population en général.

Il faut dire qu'aujourd'hui, de plus en plus d'enseignants se sentent très stressés, que ce soit à cause de leurs heures de travail - un professeur après sa journée normale de cours aura sans doute à assister à quelques réunions par semaine et puis devra encore passer plusieurs heures,chez lui, à préparer des cours et à faire des corrections, ou que ce soit à cause de leurs rapports avec leurs élèves.

Faire face à une classe qui vous chahute est évidemment cause de stress surtout si l'enseignant qui a des problèmes de discipline ne se sent pas soutenu par ses collègues ou par la direction. En France, pour aider ces professeurs en difficulté, de nouvelles initiatives ont été prises telle que le réseau Gaspard dans le nord de la France qui prend en charge ces enseignants, les écoute et les soutient.

En raison de cela, il y a, à l'heure actuelle, des difficultés de recrutement de professeurs dans certaines matières comme dans les sciences, les maths ou les langues vivantes, car le métier d'enseignant n'est plus un métier enviable et pour certains, ce n'est plus un métier qui a un statut véritable.

3. LE COMPORTEMENT DES ELEVES

A) LE COMPORTEMENT DES ELEVES ENVERS LES PROFESSEURS

De plus en plus d'établissements scolaires, surtout dans les grandes villes, souffrent du problème de la discipline. En effet, autrefois, les élèves n'auraient jamais osé s'insurger contre leurs professeurs mais aujourd'hui, il est très fréquent qu'un élève attaque verbalement ou même physiquement un professeur. Certains élèves se rebellent contre toute forme d'autorité; ils ne veulent pas obéir aux réglements et il est très difficile de les contrôler.

Comme le châtiment corporel est maintenant interdit et que les enseignants n'ont pas le droit de frapper les élèves, les mesures que les enseignants et le proviseur d'un établissement scolaire peuvent prendre contre ces élèves indisciplinés peuvent passer de la simple retenue du renvoi pour quelques jours à l'expulsion permanente.

L'expulsion permanente n'est pas une option qui peut être prise facilement car il faut l'accord, non seulement du chef d'établisement, mais aussi du recteur d'Académie et il est donc relativement difficile pour un proviseur de renvoyer un élève de façon permanente.

Cela explique pourquoi dans une école primaire du centre de l'Angleterre, des instituteurs avaient menacé de faire grève si un élève qu'ils considéraient comme incontrôlable revenait dans leur établissement. Ils ont dû en arriver là parce que toutes les autres mesures avaient échoué et que l'expulsion permanente n'avait pas été acceptée. En effet, le renvoi permanent n'est jamais vraiment une option considérée au niveau primaire puisque la scolarité étant obligatoire jusqu'à l'âge de seize ans, que ferait-on de cet élève jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de 16 ans?

B) LE COMPORTEMENT DES ELEVES ENTRE EUX

La violence est malheureusement présente, à l'heure actuelle, dans un certain nombre d'établissements scolaires. Comment peut-on, en effet, oublier le meurtre du proviseur Philip Lawrence à la sortie de son école?

Certains élèves souffrent de brimades et ces brimades peuvent devenir si intolérables qu'elles les poussent au suicide.

Le racket est aussi devenu un problème très grave dans certaines écoles et des élèves se font régulièrement extorquer leur argent. Ces écoles se trouvent souvent dans les banlieues ouvrières des grandes villes, dans des quartiers où le chômage est très élevé, ce qu'on appelle, en France, ZEP, zone d'éducation prioritaire. Dans ce genre d'établissements, la drogue est aussi présente et les revendeurs de drogue (les dealers) exploitent à fond ce marché potentiel.

Le ministère de l'Education en France, conscient de cet accroissement de la violence scolaire a mis en place un plan anti-violence depuis mars 96, et le 20 septembre 1996 a eu lieu, dans tous les établissements scolaires du primaire et du secondaire, un débat sur la violence à l'école.

C) LE DESENCHANTEMENT DES COLLEGIENS / LYCEENS

Le taux de chômage est toujours élevé et beaucoup de jeunes se rendent bien compte qu'ils ne sont pas sûrs de trouver du travail quand ils auront fini leurs études.
Même s'ils travaillent bien à l'école et s'ils ont de bons résultats dans leurs examens, il n'est pas évident qu'ils obtiendront un emploi parce que la compétition est intense. C'est pour cette raison que certains jeunes pensent que cela ne sert à rien de bien travailler à l'école. Ils deviennent démotivés et désillusionnés. De là à sécher les cours il n'y a qu'un pas!

L'absentéisme est donc un problème qui existe dans nos écoles de nos jours. De plus en plus d'enfants sèchent les cours (font l'école buissonnière) parce qu'ils ne voient pas l'intérêt d'y assister régulièrement. C'est surtout le cas des élèves qui ont une intelligence au-dessous de la moyenne car ils trouvent que l'école ne leur apporte rien.

4. AUTRES PROBLEMES

A) LES PROGRAMMES

Les programmes sont parfois trop chargés. Par exemple, au niveau de la seconde, de nouveaux examens ont été mis en place et on demande à tous les élèves de compléter des dossiers dans presque toutes les matières. Cela prend énormément de temps et c'est stressant pour les adolescents parce qu'ils doivent finir ces dossiers pour une certaine période et il faut donc qu'ils apprennent à s'organiser.

Les parents ainsi que les professeurs font pression sur les enfants pour qu'ils finissent leur travail à temps et, parfois, cela peut avoir des conséquences catastrophiques pour les élèves. Ils sont surmenés et ils n'arrivent pas à faire face à toutes ces pressions. Certains deviennent déprimés et dans les cas les plus graves, vont même jusqu'à essayer de se suicider.

B) LES EXAMENS

Les nouveaux examens ont parfois été considérés comme injustes parce qu'une grande partie du travail doit être finie à la maison. Si une famille a un bon niveau social, il y a très souvent chez eux beaucoup plus de livres que les enfants peuvent consulter. Donc, certains enfants, s'ils viennent d'un milieu assez aisé, sont plus favorisés que d'autres.

C) LES EFFECTIFS DE CLASSE


Il est relativement fréquent de trouver, au niveau primaire et même au niveau secondaire, des classes de plus de 30 élèves. Il est évident que les élèves en souffrent puisque les instituteurs ou les professeurs, dans ces classes surchargées, peuvent rarement prêter attention à chaque élève individuellement

FAITS A SIGNALER

LE COMPORTEMENT DES ELEVES

1. En Grande-Bretagne, en octobre 1996, le directeur d'une école primaire dans le conté de Nottingham a fermé son établissement à cause du comportement d'un élève de 10 ans, Matthew Wilson.

Cet élève avait déjà causé beaucoup de problèmes puisqu'en septembre de cette même année, les instituteurs de cette école avaient menacé de se mettre en grève si Matthew revenait dans leur école. Pour éviter cette grève, un compromis avait été atteint. Matthew était isolé des autres élèves et recevait des cours particuliers à l'intérieur de l'établissement.

2. En Grande-Bretagne, en octobre 1996, des professeurs dans une école dans le Yorkshire ont menacé de se mettre en grève si 60 élèves n'étaient pas renvoyés ou du moins disciplinés.


Françoise J.M. Davies