A) L'EMPLOI
Comme ils occupent dans
l'ensemble les emplois les plus mal payés - bien que leurs salaires
soient nettement plus élevés que ce qu'ils auraient eu dans
leur pays d'origine - leur niveau de vie est relativement bas et
n'est souvent pas comparable à celui des autres habitants du pays
où ils résident. De plus, ils sont souvent exploités
par leurs employeurs. La situation est bien pire pour les immigrés
clandestins (les travailleurs clandestins) qui eux n'ont aucune protection
sociale. Si leurs employeurs les exploitent, ils ne peuvent pas faire appel
à la justice française puisqu'ils sont entrés dans
le pays clandestinement.
En période
de récession économique - ce qui est le cas aujourd'hui-
ils sont beaucoup plus touchés par le chômage que les autres
catégories sociales. Ils sont les premiers à perdre
leurs emplois (à être licenciés).
B) LE LOGEMENT
Ils ont du mal à
trouver un logement, non seulement parce qu'ils ne gagnent pas suffisamment
d'argent pour s'acheter un logement ou même pour en louer qui
soit correct, mais aussi parce que beaucoup de propriétaires
n'aiment pas louer leurs appartements à des gens de couleur.
Par racisme, ces propriétaires
refusent de leur louer des appartements prétendant qu'ils sont sales,
bruyants, qu'ils font des histoires, qu'ils sont plus violents que
les Français, que leurs enfants sont des délinquants, des
voyous, des vandales, ce qui fait que dans beaucoup de grandes villes françaises,
on trouve des quartiers qui sont uniquement peuplés d'Arabes. Les
Blancs vivent ailleurs.
C'est une véritable
ségrégation basée sur la couleur de la peau. Les Maghrébins
vivent souvent dans les quartiers les plus pauvres, dans les zones urbaines
les plus défavorisées où les maisons, les immeubles
sont mal entretenus, une sorte de cités-ghettos.
C) L'INTEGRATION
Ils ont du mal à
s'intégrer dans la société dans laquelle ils vivent.
Leurs coutumes, leur religion et même leur langue sont différentes
de celles du pays où ils résident. Souvent, ils n'arrivent
pas à comprendre la façon de vivre des Français qu'ils
rencontrent et ils n'ont rien de commun avec eux. Ils se sentent exclus,
différents ... Ils ont leur propre culture, leurs propres coutumes
auxquelles ils sont souvent très attachés et qu'ils veulent
préserver à tout prix.
Comme cette culture, ces
coutumes sont tout à fait différentes de celles des Français;
cela peut exacerber le racisme de ces derniers. Ainsi, certains Français,
au lieu de respecter une culture qui est différente de la leur, s'en
moquent ou la tournent en dérision.
D) LE RACISME
En période de récession
économique, en période de chômage, lorsque les choses
ne vont pas bien, il est souvent beaucoup plus facile de trouver un
bouc-émissaire plutôt que d'accepter la situation telle
qu'elle est. Il est plus facile de dire que c'est la faute aux immigres,
qu'ils volent les emplois des Français, que sans eux il y
aurait moins de chômage en France ... Le slogan "un immigré
de moins, un chômeur de moins"est très souvent repris
par les membres des partis d'extrême-droite (tel que le Front
National et son leader Jean-Marie Le Pen). Certains Français
voudraient donc qu'on expulse tous les immigres (qu'on les rapatrie
dans leur pays d'origine) ou du moins qu'on favorise leur retour dans
leur pays d'origine.
De plus, certains Français
croient que ces immigrés coûtent cher à la France
parce que, s'ils sont au chômage, il faut leur verser une allocation
au chômage ... s'ils sont malades, ils prennent la place d'un Français
à l'hôpital et il faut que l'état - en d'autres termes,
le contribuable français - les prenne en charge.
Ces Français ont
peur d'une culture qui est différente de la leur,. Ils se méfient
des gens qui sont différents et ils peuvent même en arriver
à se sentir menacés par ces coutumes différentes.
Selon eux, il faudrait que les immigrés, les Arabes ... adoptent
la culture française, un point, c'est tout. Ils ne tolèrent
pas ce qui est différent (Ils manquent de tolérance).
En bref, certains Français
pensent que les immigrés sont responsables de tous les maux qui touchent
la société française. Ce sont surtout les immigrés
de couleur qui sont les victimes de ces sentiments racistes.
LA SECONDE GENERATION D'IMMIGRES
La plupart d'entre eux
sont nés en France, ils ont vécu toute leur vie en France
mais ils sont toujours considérés comme des immigrés
et traités comme tels par un grand nombre de Français.
Tel est le cas des Beurs qui sont de jeunes Maghrébins nés
en France de parents immigrés.
Très souvent, ces
jeunes n'acceptent pas la culture, les coutumes de leurs parents et ils
rejettent leur milieu familial - les filles maghrébines veulent
pouvoir choisir leur mari, trouver un emploi, sortir le soir et elles ne
veulent pas obéir aveuglément à leur père -
Certains ont honte de leur origine et préfèrent copier le
comportement des adolescents de leur âge.
Malheureusement, ce qui est
assez triste, c'est que cette seconde génération d'immigrés
n'est pas non plus vraiment acceptée par la population française
et c'est bien sûr une situation intenable pour eux car ils ne se sentent
bien nulle part. Ils ne sont ni tout à fait français, ni
tout à fait étrangers. Tout cela peut mener à une
frustration terrible, frustration qui peut déclencher de la violence,
surtout lorsqu'on sait que la grande majorité d'entre eux n'ont aucune
chance de trouver du travail ou s'ils en trouvent, ce sera probablement
le même genre de travail que leurs parents. De là à
la délinquance, il n'y a qu'un pas.
FAITS A SIGNALER
En août 1996,
des Maliens sans papiers ont été expulsés de l'église
Saint Bernard à Paris où ils s'étaient réfugiés.
Cette intervention des forces de l'ordre a été beaucoup
critiquée par des organisations telles que S.O.S Racisme, mais
elle a reflété la détermination du gouvernement
de Jacques Chirac de résoudre le problème des clandestins
en France. Cinq cents clandestins avaient déjà été
expulsés de France au début de l'année 96.
Un tiers de la population
globale du Mali, soit 5 millions, a immigré vers les pays riches.
En effet, cela fait partie de la tradition du pays de laisser les hommes
jeunes quitter leurs villages et de les envoyer en France ou ailleurs,
dans l'espoir qu'ils pourront ainsi aider leur famille financièrement.
Sur ces 5 millions d'immigrés, 1 à 2 millions seraient
clandestins.
Françoise
J.M. Davies